Faire rire ou pleurer : faut-il vraiment choisir ? – Crows & Quills
Est-ce qu’on doit vraiment choisir ? Est-ce qu’on ne peut pas rire et pleurer dans la même page, dans la même phrase, parfois dans un seul et même regard entre deux personnages ?
Alors faut-il vraiment trancher ? Chacun est libre de faire ses propres choix. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
Mais chez Crows & Quills, non, on ne choisit pas. Ici, on refuse de compartimenter. On dose. On mêle. On joue avec les contrastes comme un peintre avec ses ombres et ses lumières. Parce qu’une larme retenue peut rendre un sourire bouleversant. Parce qu’un fou rire au mauvais moment peut être une tragédie en soi.
Le rire et les larmes : deux visages d'une même vérité
Dans la vraie vie, les émotions ne viennent jamais seules. On rit parfois de nervosité, on pleure de soulagement, on rit aux éclat pendant un enterrement et on s’effondre de tristesse au milieu d’une soirée joyeuse. Alors pourquoi devrait-on cloisonner les genres comme s’ils étaient incompatibles ?
Les histoires qui m’ont le plus marquée sont souvent celles qui ne se laissaient pas cataloguer : un drame avec des dialogues absurdes, une comédie qui prend soudain des allures de désespoir profond… C’est cet entre-deux que j’aime explorer, ce malaise savoureux où on ne sait plus s’il faut rire ou se cacher sous la couette.
Créer un équilibre : l'art du décalage
En tant qu’autrice, je vois l’émotion comme une palette. Si j’utilise uniquement le noir ou le rose bonbon (alors là, c’est vraiment pour l’exemple, parce que ça n’arrivera JAMAIS 🤣), mon tableau risque de manquer de relief. Mais si je m’autorise le contraste, l’ironie, le décalage entre situation et ton, alors il se passe quelque chose. Quelque chose d’humain.
Il m’arrive souvent d’écrire une scène dramatique, puis de glisser un mot absurde, un geste maladroit, une pensée incongrue. Non pas pour casser l’émotion, mais pour la rendre plus vraie, plus supportable. Le rire devient alors une respiration. Et les larmes, un vertige délicat.
Est-ce que ça déplaît ?
Peut-être. Il y a des lecteurs qui veulent du rire pur, de la comédie qui claque comme une réplique de stand-up. D’autres veulent pleurer toutes les larmes de leur corps, sans distraction, sans ironie. Et c’est légitime. Mais ce n’est pas ce que je sais faire. Ni ce que je veux faire.
Ce que je cherche, c’est ce moment où l’on rit malgré soi, où l’on pleure sans savoir exactement pourquoi. Ce moment où le personnage n’en est plus un, mais devient une mémoire possible.
Et toi, qu'est-ce qui te bouleverse le plus ?
Un rire nerveux avant un adieu ? Une farce qui dérape et fait apparaître les failles ? Une lettre d’amour mal orthographiée ?
L’humain est fait de paradoxes. Et moi, j’écris pour les dévoiler. Pas pour choisir entre rire ou pleurer. Mais pour tendre un miroir flou et te laisser deviner ce que tu veux y voir.